Nounours

Blessure et Relation

mer 04.03.2026
  • Médical
Publié le 04 mars 2026

Pourquoi est-ce si compliqué, parfois, d’aimer et d’être aimé ?

 

On voudrait que ce soit simple.

On voudrait être nous-mêmes. Être en lien. Être dans la confiance.

Et pourtant…

On doute. On s’agace. On fuit. On contrôle. On s’oublie. On exige.

Et souvent, on ne comprend pas pourquoi.

 

Mais ce que beaucoup ignorent, c’est que ce qui se rejoue dans nos relations d’aujourd’hui, vient souvent de loin.

Très loin.

De l’enfance.

 

Pas forcément des grands traumatismes.

Parfois, ce sont juste des absences subtiles, des regards manquants, des mots non dits.

Des gestes trop rares. Des attentes déçues. Des émotions interdites.

 

Et cela laisse des traces.

Des blessures.

Celles du rejet, de l’abandon, de l’humiliation, de la trahison, de l’injustice…

Des blessures qui s’impriment dans le corps, dans le cœur, dans la mémoire émotionnelle.

 

Et un jour, sans qu’on le veuille, sans qu’on le sache, on aime avec ces blessures.

 

On a peur d’être quitté… alors on s’attache trop.

On a été critiqué… alors on cherche la perfection.

On a été ignoré… alors on se rend indispensable.

On a été trahi… alors on doute de tout.

On a été mal compris… alors on se tait ou on explose.

 

Et le lien devient difficile.

Pas parce qu’on aime mal.

Mais parce qu’on aime avec des morceaux de passé non digérés.

 

La bonne nouvelle, c’est que rien de tout cela n’est figé.

Nos blessures peuvent être regardées.

Écoutées.

Transformées.

 

La thérapie est un chemin précieux pour cela.

Un chemin doux, non intrusif, respectueux.

Elle permet d’aller rencontrer l’enfant intérieur.

Non pour ressasser.

Mais pour réparer.

Pour réécrire l’histoire émotionnelle.

Pour désactiver les automatismes de protection qui, autrefois nécessaires, deviennent aujourd’hui des prisons.

 

Et quand l’enfant en soi se sent enfin entendu,

l’adulte peut, peu à peu, respirer autrement dans la relation.

Faire de la place. Laisser tomber le masque.

Aimer avec liberté. Se laisser aimer sans peur.

Être là, tout simplement.

 

Parce qu’un lien, quand il n’est plus parasité par les échos du passé, peut devenir un lieu de croissance.

Un lieu de réparation et de joie.

Et souvent, ce qui guérit, ce n’est pas une technique.

C’est une rencontre.

Avec soi. Avec l’enfant que nous avons été.

Et avec ce qu’on croyait avoir perdu : la capacité d’aimer en confiance.

Intervenant

Maha Lahode

Maha Lahode

Directrice, formatrice BFFA et thérapeute